| Anziani52 04-01-2009 04:14
Depuis notre naissance, nous pensons et nous n’avons pas eu besoin de qui que ce soit pour ça. Nous croyons penser déjà par nous même, et ceci ne fait aucun doute.
Mais, quand nous disons « je » pense ceci ou « je » pense cela, sommes-nous véritablement sûr que ce soit nous qui pensions? D’où nous vient cette idée à laquelle nous nous identifions? Sommes-nous véritablement l’auteur, et dans quelle mesure?
Si tous les mots que j’utilise (ou presque) m’ont été appris par ma culture, je possède déjà un immense stock qui ne m’appartient pas en propre. Et si les idées que j’exprime en parlant à la première personne du singulier reprennent les thèmes courants des discussions en vogue actuellement dans les médias, comment puis-je affirmer que c’est vraiment moi qui pense? Ne suis-je pas plutôt en train de dire des choses qui me viennent des autres pour tout simplement me faire aimer, faire partie du groupe, me faire remarquer ou même provoquer dans le but de me créer, par l’attention des autres, une existence propre que je veux avoir. Sortir de l’anonymat, du néant, être, n’est-ce pas là mon premier but? Mais qui suis-je, si chaque élément de ma pensée y a été introduit par les autres? Ne suis-je pas d’abord « les autres »? Cette « identité propre » avec laquelle la mode de pensée actuelle du « distinguez-vous » nous rabâche les oreilles ne serait-elle pas qu’une illusion?
Des sociétés entières vivaient autrefois sans vouer le culte que nous vouons actuellement à l’individualité. Chaque individu anonyme joignait son infime effort au groupe dans le but, par exemple, de construire les pyramides d’Égypte. L’individualité n’avait alors à l’époque aucun sens. Les réalisations grandioses que chacun avait, par son infime effort, contribué à réaliser ne justifiaient-elles pas la fonte dans l’anonymat en échange de la satisfaction d’avoir construit une pyramide? Fondu dans une seule volonté, l’Égyptien ne devait-il pas ressentir une forme de toute-puissance? Cette expérience, partagée avec tous leurs alter ego donnait à l’individu la sensation grandiose d’être tout un groupe, une communauté, un peuple. Le culte de l’individualité que nous propose notre société actuelle est-il véritablement satisfaisant? Si je suis toujours en compétition avec les autres pour me démarquer, tirer mon épingle du jeu, perfectionner, suis-je plus heureux que dans un groupe coopérant à une réalisation grandiose? Pire, cette idée qu’il faut que je me distingue, notamment en pensant par moi-même, est-elle valide ou n’est-elle pas l’illusion d’un mode de pensée auquel j’adhère simplement pour me donner l’impression que je suis quelqu’un par moi-même?
Quoi qu’il en soit, il n’en reste pas moins que je pense, ou que ça pense en moi. Il m’importe à présent de comprendre comment naissent les pensées qui m’animent et quelle en est la portée.
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